21 novembre
Les premiers statuts
En septembre 1958, un groupe de commerçants et d’industriels niortais, rassemblé autour de Jacques Mathé (négociant en combustibles), décide de créer sa propre mutuelle d’assurance. En septembre 1959, Jacques Mathé, Henri Geynes (salarié de la Maaaf, future Maaf) et André Gaillard (salarié de la Maaif, future Maif) demandent à Jacques Vandier de la diriger. Ce dernier accepte à la condition qu’elle soit ouverte aussi aux salariés du commerce et de l’industrie. Tandis que les premiers statuts sont officiellement déposés (21 novembre 1959), l’heure est à la recherche des 500 premiers sociétaires, nombre requis pour constituer la mutuelle.

30 avril
L’assemblée générale constitutive
Présidée par Jacques Mathé, l’assemblée générale constitutive de la Macif s’est déroulée à la mairie de Niort en présence du maire, Emile Bèche, des premiers sociétaires, de Jean Lauroua, administrateur délégué de la Maaif, future Maif (laquelle a prêté les 800 000 francs nécessaires à la constitution du fonds d’établissement), et de Jean Trioullier, président de la Maaaf, future Maaf. Voyant l’arrivée d’une concurrence directe, les agents généraux, qui dépendent de la Chambre de commerce et d’industrie, réagissent vivement contre le projet.
Retranscription audio : « La constitution du fonds d’établissement » « Les origines de la Macif«

29 juillet
L’agrément
La Direction des assurances donne son agrément pour que la Macif diffuse sa première police automobile. Le dossier a été préparé par Jacques Vandier, alors commissaire contrôleur des assurances au sein de cette institution.

1er octobre
Les 3 premiers salariés
Jacques Daviaud, responsable production (ancien salarié de la Maaif), Simonne Romagné-Gadiou, sténo-dactylo et Henri Geynes (ancien salarié de la Maaaf) sont les premiers salariés recrutés par la Macif. La toute jeune mutuelle ne dispose pas encore de locaux dédiés à son activité : ils travaillent donc dans la cuisine d’Henri Geynes.

20 octobre
Un accord de non-concurrence
La Macif et la Maaaf (future Maaf) se développent dans des secteurs où commerce et artisanat se recoupent. Alors que la Maaaf vient d’élargir ses statuts, un accord de non-concurrence est convenu entre les deux mutuelles.
Un partenariat est également défini au plan opérationnel. La Maaaf accepte en effet de partager ses bureaux de Paris, Lille, Lyon, St-Etienne et Rouen avec la Macif. Pour faciliter l’activité commune, les méthodes de travail, de contrôle sont harmonisées et les coûts de gestion répartis.

1er novembre
Un modèle technique novateur
Quatre véhicules circulent sous couvert de la toute jeune mutuelle. Pour avoir observé les mécanismes de la tarification auto, alors qu’il dépendait du Corps de contrôle des assurances, Jacques Vandier met en place un modèle technique novateur permettant de proposer des tarifs 30 à 50 % inférieurs à ceux du marché. Ce modèle, très critiqué par la concurrence, repose sur la segmentation tarifaire par zones géographiques et sur une sélection drastique des risques, notamment à l’égard des célibataires masculins de moins de 25 ans. Il prévoit aussi l’application d’une franchise.

2 novembre
Au numéro 50
En attendant la construction de son futur immeuble, la Macif (dont l’effectif atteint à peine une dizaine de salariés dont une majorité de directeurs) s’installe dans une maison d’habitation située au numéro 50 de l’avenue de La Rochelle à Niort.

3 juillet
Le soutien des commerçants
A défaut de soutien des centrales syndicales, la Macif bénéficie de l’appui de la Fédération nationale des commerçants non sédentaires : ces marchands ambulants proposent les contrats dans les cafés… ou à leur domicile. Elle peut compter aussi sur la Fédération nationale des syndicats d’épiciers et sur le bouche-à-oreille.

2 juin
Un rappel de cotisation
Durant les premières années, la Macif peine à équilibrer ses comptes. L’année 1962 est marquée par une hausse de la fréquence des accidents imputable à une forte augmentation du nombre de véhicules en circulation. Le principe d’un rappel de cotisation est validé par l’assemblée générale de Clermont-Ferrand à hauteur de 15 %.

19 décembre
Les mutuelles se regroupent
Sous la présidence de Jean Lauroua, président de la Maaif, le Groupement des sociétés à caractère mutuel, le GSACM (futur Gema), voit le jour. Il rassemble au départ la Maaf, la Maaif (future Maif), la Matmut, la Macif et la GMF.
Ce syndicat professionnel est créé pour organiser et représenter les intérêts des mutuelles d’assurance auprès des pouvoirs publics et des organismes professionnels. C’est ainsi que naît, au 1er janvier 1965, la convention d’indemnisation directe des sociétaires (IDS) qui simplifie la gestion des sinistres auto matériels avec un barème forfaitaire des responsabilités et instaure le constat amiable ; elle sera remplacée par l’IDA (indemnisation directe des assurés) en mai 1968.

21 novembre
Une convention de bureaux communs
La Macif, qui n’a pas les moyens de développer seule son réseau de distribution, expérimente déjà le partage de quelques bureaux avec la Maaf. La signature d’une convention de bureaux communs, portant sur l’ensemble du réseau de la Maaf, renforce les liens entre les deux mutuelles et permet à la Macif d’être présente sur l’ensemble du territoire.

1er avril
Un nouveau siège social
La Macif inaugure son premier véritable siège social au 224 avenue de La Rochelle à Niort. Les conditions de travail changent pour les salariés logés très à l’étroit au numéro 50 de la même avenue où des préfabriqués avaient été installés dans le jardin…

20 juillet
L’arrivée de l’informatique
Tandis que les autres assureurs font confiance à Bull (qui a recours à l’indexation numérique), Jacques Vandier retient IBM dont la technologie permet d’identifier les sociétaires à partir de leur nom. Avant que la Macif ne se dote d’un système d’information, l’exploitation des cartes perforées était confiée à la Maaf.

1 août
100 000 sociétaires
En passant le cap des 100 000 sociétaires, la Macif est en capacité de rembourser le prêt de 800 000 francs accordé par la Maif. Les frais généraux sont désormais couverts et la mutuelle est excédentaire.

2 mai
Lancement de la Socram
La Société de crédit des assurances à caractère mutuel, la Socram, voit le jour à Niort grâce aux mutuelles du Groupement des sociétés d’assurance à caractère mutuel (GSACM). Sous la direction de Jean Dauthy, elle accorde ses 16 premiers prêts au cours du mois de mai 1968.

2 avril
Bonne route
La Macif publie le premier numéro d’une revue exclusivement réservée à ses sociétaires : Bonne Route. D’abord réservée aux conseils pratiques et à une meilleure connaissance des produits, cette publication présentera le mutualisme et l’économie sociale à partir de 1973.
Retrouvez la collection complète de Bonne Route dans le fonds documentaire.

1 juillet
Premier pas vers la diversification
Avec le contrat Multigaranties Vie Privée, MVP, la Macif propose un deuxième produit à ses sociétaires. Neuf ans après le lancement du contrat auto, le MVP vient couvrir les biens et la responsabilité civile chef de famille pour un tarif forfaitaire de 90 francs.

30 avril
Le CEGEM
Dans le prolongement de la convention de bureaux communs signée avec la Maaf, le Centre de gestion mutuelle de la Maaf et de la Macif, le CEGEM, assure, sous forme de GIE, la gestion du personnel des bureaux, qui en devient salarié. Le 31 décembre 1976, le CEGEM prend fin à l’initiative de la Maaf.

6 juin
Débat sur la représentativité
Pour la première fois, l’idée d’introduire des représentants des sociétaires salariés au conseil d’administration est débattue lors de l’assemblée générale de Marseille. De leur côté, pour soutenir le mouvement, les représentants des salariés de la mutuelle créent l’Association des salariés sociétaires de la Macif.
Cette idée va renforcer les divergences de points de vue qui, sur de multiples sujets, existent déjà au sein du conseil d’administration.

2 juillet
Création d’Ofivalmo
Création d’Ofivalmo
L’Omnium financier de valeurs mobilières, Ofivalmo, obtient l’agrément du conseil national du crédit. Gilbert Magal, président-directeur général de la GMF, avait proposé aux mutuelles du GSACM de se doter d’un organisme de placement financier intervenant en intermédiaire dans la souscription des émissions obligataires.

1 juin
Un troisième contrat
Après l’automobile et l’habitation, la Macif élargit sa gamme de produits en diffusant le contrat navigation de plaisance. Il connaîtra un développement plus que satisfaisant puisque, quelques années plus tard, la mutuelle deviendra leader sur ce segment de marché.

18 décembre
Jacques Vandier sauve sa tête
Alors que Jacques Vandier avance dans une logique mutualiste, Jacques Mathé s’en trouve très éloigné. Les désaccords entre le président et le directeur général s’amplifient de jour en jour, à tel point que le premier demande au conseil d’administration de révoquer le second. Jacques Mathé échoue dans sa démarche.

26 janvier
Les préparatifs de l’AG
Jacques Vandier va désormais travailler à inverser le cours du destin de la Macif.
Il obtient le soutien des syndicats CFDT, CGT et des chefs de bureaux afin de préparer l’assemblée générale, prévue à Lille. Il s’agit, avec le renouvellement de 6 administrateurs, de faire émerger une liste d’opposition au président.
Dans le plus grand secret, en préparation de cette assemblée, les soutiens de Jacques Vandier s’activent. Objectif : réunir suffisamment de sociétaires et rassembler un maximum de pouvoirs pour imposer la Liste d’union pour la défense de la mutualité

10 juin
La victoire du mutualisme
L’assemblée générale de Lille durera 7 heures. La Liste d’union pour la défense de la mutualité, qui compte 6 salariés, est menée par Roger Etchegaray, sociétaire de sensibilité CGT ; elle l’emporte sur la liste menée par Jacques Mathé qui perd la présidence de la Macif.
Marcel Hervé lui succède et les syndicats de salariés entrent au conseil d’administration.
Retranscription audio « Mise en garde de Jacques Mathé » et « Liste d’union pour la mutualité par Roger Etchegaray«

24 septembre
Décentralisation technique
Les services niortais peinent à faire face à la forte croissance du portefeuille alors que la main d’œuvre qualifiée commence à manquer. La question de freiner la production revient de manière récurrente.
L’idée de Jacques Vandier est de décentraliser les services techniques en se rapprochant en priorité des sociétaires les plus éloignés de Niort. Le conseil d’administration valide cette orientation.
Il est décidé d’implanter le premier centre de gestion en Rhône-Alpes, là où la densité du sociétariat est élevée. De 1974 à 1986, il s’ouvrira 10 centres en plus des 4 niortais : Niort 1, Niort 2, Niort 3 et Niort 4.



