Bien que des traces de systèmes d’assurance aient été trouvées dans l’Antiquité, l’histoire de l’assurance dommages reste relativement récente. Liée aux débuts du transport maritime, au XVe siècle, l’assurance française ne cessera d’innover, au gré des évolutions de la société.
Les origines marchandes maritimes

Arrêt brutal du secteur
La Révolution française stoppe l’essor du secteur de l’assurance, déclarant les assureurs incendie illégaux, une démarche visant à réprimer le pouvoir corrupteur de l’argent.
Des fonds d’assistance en cas d’incendie voient alors le jour, donnant naissance au mouvement mutualiste. L’une des premières sociétés à forme mutuelle, qui oblige ses membres à contribuer à l’indemnisation de personnes subissant des dommages à la suite d’un incendie, est fondée lors de la seconde phase du gouvernement révolutionnaire, en 1798.
Napoléon 1er reprend l’ordonnance de 1681 dans le Code de commerce. Mais en 1811, il déclare à nouveau hors la loi les assureurs incendie… donnant encore une fois un coup de frein au secteur.
Renaissance avec l’appui des banquiers
C’est pendant la Restauration (1814-1830) que le secteur de l’assurance reprend sa vigueur. La première mutuelle couvrant le risque dʼincendie à Paris sera créée en 1816 par des banquiers et de riches bourgeois. La Compagnie dʼassurances mutuelles contre lʼincendie de Paris, dont est issu le groupe AXA, rencontre le succès tout au long du XIXe siècle. Également soutenus par le secteur bancaire, les assureurs incendie à primes fixes reviennent sur le devant de la scène à partir de 1819.

Pendant la Révolution industrielle, les assureurs français se diversifient rapidement. Ils sont les premiers, en 1829, à proposer une assurance bris de glaces pour les vitrines de magasins, une assurance pour les accidents de transport en 1830, puis une assurance accident en 1864. Forts de leurs succès, ils s’établiront également dans 16 pays.
Les mutuelles diversifient leurs activités, mais prospèrent de manière inégale. Sur les 200 fondées entre 1816 et 1883, il n’en restera qu’une cinquantaine en 1892. Parmi elles, la Mutuelle de Poitiers fondée en 1838.
Avec la loi de 1898, la France est le premier pays à proposer une assurance des accidents professionnels, qui oblige à indemniser les salariés accidentés sur leur lieu de travail.
Naissance de la réassurance
C’est au XIXe siècle qu’apparaît le besoin en réassureurs indépendants. Avec l’industrialisation et l’urbanisation, il faut faire face à des événements peu fréquents, mais à la gravité élevée : les demandes d’indemnisation sont parfois cinq fois supérieures aux réserves des assureurs.
Il faut repenser l’envergure potentielle des sinistres, et surtout anticiper avec des contreparties capitalisées. Mais la coassurance – pratique de partage de risques –, qui oblige à divulguer des informations à la concurrence, ne séduit plus.

Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque Nationale de France
Une solution : couvrir les risques avec des réassureurs implantés en dehors des frontières. La réassurance voit ainsi le jour.
Les dates clés
On peut distinguer trois grandes périodes dans l’émergence de l’assurance dommages.