Après 1945, l’économie sociale poursuit son expansion, notamment dans le secteur des mutuelles d’assurances.
Diversification de l’Économie sociale
Cette tendance à la diversification s’accentue après la Seconde Guerre mondiale avec, par exemple, le développement des coopératives de transports ou des coopératives de commerçants, comme le Mouvement E. Leclerc qui se convertit en 1962 au supermarché et au libre-service pour maintenir des prix bas. Elle est au cœur du processus de modernisation agricole promu par les coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) avec le soutien du ministère de l’Agriculture.

L’essor de la société de consommation portée par les classes moyennes est à l’origine des mutuelles d’assurance. Fondée en 1934, la Mutuelle d’assurance automobile des instituteurs de France (MAAIF) développe le modèle à Niort en aidant à la création la Mutuelle d’assurance des artisans de France (MAAF) en 1951 et de la Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France (MACIF) en 1960. D’abord positionnées sur les contrats automobiles, ces mutuelles diversifient leur portefeuille en assurant les habitations, les biens, etc.
La figure de l’association gestionnaire s’insère progressivement dans les régulations publiques. Si l’Union nationale interfédérale des organismes privés sanitaires et sociaux (UNIOPSS) est d’abord créée en 1947 en réaction à l’État social, elle s’engage ensuite dans la modernisation des associations et la redéfinition de leur rapport aux pouvoirs publics.
Une évolution similaire se retrouve dans le secteur de l’éducation populaire, où l’État met à disposition des instituteurs, augmente significativement ses subventions aux associations et les associe à la définition des politiques publiques. La création en 1964 du Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire (Fonjep), lieu de cette cogestion, accompagne la professionnalisation des animateurs.
L’économie sociale vient ainsi s’arrimer aux grandes fonctions de l’État de croissance, jouant un rôle de médiation entre l’économique et le social. Cela a pour corollaire un éclatement de ses composantes et une disparition de toute référence à un mouvement unifié.