Charles Gide, promoteur du modèle coopératif en France.
Charles Gide est né à Uzès, dans le Gard, en 1847 dans une famille de la bourgeoisie protestante.
Il suit des études de droit à Paris et soutient une thèse sur La liberté d’association en matière religieuse en 1872. Il réussit l’agrégation en 1874 et obtient une chaire d’économie politique à Bordeaux puis, à partir de 1880, à Montpellier.
Économiste réputé après la publication, en 1884, de ses Principes d’économie politique, il entre en contact l’année suivante avec Édouard de Boyve, un aristocrate huguenot qui importe en France le modèle rochdalien de la coopération en créant plusieurs coopératives de consommation à Nîmes : La Solidarité, La Renaissance et L’Abeille Nîmoise.
En 1886, il prononce le discours inaugural du deuxième Congrès de la Coopération à Lyon, puis récidive en 1889 en formulant l’utopie de la République coopérative. Il s’agit d’un programme de conversion coopérative de l’économie en trois étapes : coopération de consommation, de production et agricole.
Il devient alors le héraut de ce qu’il convient de nommer l’École de Nîmes, en publiant notamment de nombreux articles dans sa revue L’émancipation, et l’un des principaux responsables de l’Union coopérative.
Enseignant à Paris à partir de 1898, il est le rapporteur sur l’économie sociale à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900.
C’est également l’un des artisans, avec Jean Jaurès, du Pacte d’unité qui réunifie les coopératives socialistes avec l’Union en 1912 dans la Fédération nationale des coopératives de consommation (FNCC).
Après sa retraite universitaire en 1919, il occupe une chaire de la coopération au Collège de France jusqu’en 1930 et participe à la création, en 1921, de la Revue des études coopératives (REC) et de l’Office central de coopération à l’école (OCCE) en 1929.
Son engagement ne se limite cependant pas à la coopération et à l’économie sociale. Jusqu’à sa mort, en 1932, il milite également en faveur du pacifisme, des droits de l’homme, de l’éducation populaire et du protestantisme social.
Si son œuvre est jugée dépassée dans les années 1930 par Georges Fauquet, elle est pleinement réhabilitée dans les années 1970 par le sociologue Henri Desroche qui lui assure une postérité.
Découvrir Charles Gide
Desroche, Henri. Charles Gide, 1847-1932 : trois étapes d’une créativité : coopérative, sociale, universitaire. Paris : CIEM, 1982.
Rognon, Frédéric. Charles Gide : Éthique protestante et solidarité économique. Lyon : Olivétan, 2016
Lavondès, Anne. Un précurseur de l’Europe unie et de l’ONU. Un apôtre de la coopération entre les hommes. Uzès : Éditions La Capitelle, 1953.